LES ATTENTATS
DU 11 SEPTEMBRE,
LEUR
GENESE ET LEURS SUITES
Intervention au
cinéma d’Eymoutiers le 22.12.01
______________________________
Le Cercle Gramsci, sollicité par les organisateurs
de cette soirée, « s’interdit de prendre une position politique en tant
qu’association », bien que les termes qu’il aborde soient toujours très
politiques. L’intervenant parle
donc en son nom personnel.
¤ 1. Une remarque préliminaire : chercher à
comprendre les récents événements n’est en aucun cas en
justifier les auteurs[i].
Chercher la vérité, et la dire, même si elle dérange, même si elle va à
l’encontre de ses propres convictions, c’est une démarche indissociable de
l’action. C’est ma démarche.
Aucune sympathie chez moi évidemment pour tous
fondamentalistes musulmans, Ben Laden, talibans, ou autres. Mais au
contraire une condamnation
sans équivoque, et de la répulsion
devant ces actes monstrueux. Et en même temps de la compassion[ii]
pour les victimes, New-Yorkaises, mais aussi talibans de base, et
kamikazes : tous sont des victimes.
Devant les attentats terroristes du 11 septembre,
proclamer comme on l’entend parfois « ni
terrorisme, ni bombardement », c’est certes un mot d’ordre
confortable. Mais un tel vœu pieux
ne résout rien.
Par contre, ni
impunité (quel que soit le terroriste),
ni croisade (quelle que soit la victime), cela me conviendrait mieux. Mais comment y parvenir ? Encore une
fois, d’abord comprendre, pour agir.
¤ 2. Une
racine du fondamentalisme sont les frères
musulmans, anticolonialistes apparus en Egypte dans les années 20, qui
existent toujours, et d’où sont issus divers Jihad d’aujourd’hui. D’où
vient qu’ils prennent une telle importance presque un siècle plus tard ?
Il y a eu d’abord l’échec d’un troisième pôle
mondial dit tiers-monde, né à Bandœng
en 1955. Et donc l’échec du nationalisme arabe de Nasser, qui en est un élément
(les 10 « officiers libres » - ainsi se nommèrent-il - du Conseil
Supérieur de la Révolution qui
prit le pouvoir à partir de 1952 en Egypte étaient, au départ, tous les 10, membres des frères musulmans).
Puis advient la disparition du second pôle qu’était le
système communiste, lequel sans avoir jamais été un modèle pour les
arabes était néanmoins pour eux un soutien, et une voie qu’ils voulaient
explorer, en toute indépendance.
L’importance que les Jihad acquièrent
aujourd’hui est due pour une grande part à ces
deux impasses historiques, laissant le champ libre dans un
monde devenu unipolaire à une « mondialisation » dite libérale, visage
actuel d’un capitalisme débridé, toujours changeant mais toujours le même
: accumulant la richesse à un pôle de la société et la misère à
l’autre[iii].
L’anti-colonialisme arabe en particulier, privé de
l’espoir en un socialisme arabe qui aurait construit l’utopique nation arabe
- la R.A.U., République Arabe Unie, composée de l’Egypte, de la Syrie, puis
aussi du Yemen, n’eut que trois ans d’existence -, s’appuiera sur le seul
terrain légal qui lui reste : il va utiliser
la religion. Réfugié dans les mosquées et les écoles coraniques de nombreux
pays, lieux ultimes où on peut s’adresser librement aux masses populaires, il fustige les pouvoirs politiques
locaux, corrompus et liés à l’étranger colonial, organise la lutte contre
une misère croissante par le biais de puissantes associations caritatives, ceci
au nom de l’aumône, l’un des cinq piliers de l’Islam. Et il demeure plus
que jamais anti-impérialiste, donc anti-occidental, et surtout anti-américain.
Evidemment il évolue du même coup dans un sens
religieux, de plus en plus rétrograde. Et le fanatisme d’aujourd’hui utilise
le nationalisme (et tout particulièrement le soutien aux Palestiniens). Les rôles
se sont inversés. On va y revenir.
¤ 3. Donc la mondialisation est unipolaire.
L’ensemble des décideurs de ce
monde forme une sorte de réseau
oligarchique qu’on appelle aujourd’hui
l’Empire, et qui comprend :
d’une part des organisations mondiales : OMC, FMI, Banque Mondiale, OCDE, G7 ;
d’autre part les plus grandes
banques mondiales et autres holdings ; et enfin la puissance hégémonique que
sont les USA, en outre bras armé de cet Empire. L’ONU compte pour « peanuts ».
Evidemment, les effets
dévastateurs de cette mondialisation du capital financier sont
le terreau
fertile, nécessaire quoique non suffisant, sur lequel poussent les
fondamentalismes. Les fascismes naissent avant tout des méfaits du capitalisme,
et ils étaient tous apparus d’ailleurs, jusque tout récemment il
faut le souligner, dans ce qu’on appelle le Nord.
¤ 4. Il s’agit à mon sens en effet avec le
fondamentalisme musulman d’une nouvelle
sorte de fascisme, non étatique, diffus et qui se mondialise. Peut-être
pourrait-on l’appeler fascisme religieux, ou : d’inspiration religieuse. Soulignons qu’il n’est pas
l’apanage des seuls musulmans. On
le retrouve dans la droite juive, particulièrement chez
les colons israéliens qui arrivent d’Europe et des USA, droite dont la
fraction extrême - et puissante - revendique toujours le grand Israël,
comprenant le Sinaï et les deux rives du Jourdain, et qui
participe au gouvernement Sharon . On le retrouve aussi chez les intégristes
de l’Opus Dei « approuvée »
(c’est le terme consacré) par la papauté, mafia secrète ouvertement
fasciste, puissante dans la vie politique occidentale, et dont le pape vient de sanctifier
avant-hier le fondateur, Saint Balaguère donc ; et aussi dans un ordre
religieux récent, encore pire, à tendance militaire, qui doit s’appeler les soldats du Christ (?), ou quelque chose d’approchant. Un
fascisme à connotation religieuse est très important aussi aux USA, rassemblé
sous l’acronyme WASP : White Anglo
Saxons Protestants).
Mais
le fascisme à connotation musulmane possède, en plus des autres « fascismes
religieux » et au plus haut degré, un aspect nationaliste,
arabe, et se présente comme
victime de l’Occident. Bien qu’il ne faille pas oublier que la moitié
du milliard de musulmans du monde ne sont pas des arabes, Ben Laden est bien en
effet un islamiste, autrement dit quelqu’un qui cherchait à construire un
Etat islamiste unique, d’abord sur l’ensemble du monde arabo-islamique. Ses
motivations sont au moins autant politiques que religieuses. (Noter que les régimes
irakiens et syriens et leurs partis Baath avaient le même objectif, tout en étant
laïques. Mais Sadam Hussein a bien du s’appuyer finalement lui aussi sur la
religion). J’ai tendance à dire que malgré les apparences, les dirigeants
islamistes, ayatollas et mollahs compris, sont bien davantage animés par une
volonté de pouvoir et de puissance sur
terre que par la foi religieuse, utilisant la religion musulmane encore hégémonique
dans leurs peuples pour arriver à leurs fins.
Une incidente : on note aussi chez eux l’alliance
de la masse exploitée, humiliée, et de couches
intellectuelles (certains kamikazes
de New-York semblent être des gens très éduqués), alliance qui est un élément
nécessaire de toute révolution.
Par contre, il ne s’agit absolument pas d’un conflit de civilisation. Les dirigeants
islamistes eux-mêmes sont des modernistes, et pas le moins du monde
anti-capitalistes[iv]. Et les arabes dans leur
masse, Algériens, Egyptiens, etc., comme aussi les Iraniens, les Turcs, comme
le monde entier d’ailleurs, aspirent au mode de vie occidental.
¤ 5. Le rôle de la finance dans la montée de Al
Qaïd est essentiel : fonds privés saoudiens, des émirats, d’américains
même, de dizaines d’hommes d’affaires arabes parmi les plus fortunés, des
états du golfe, et de certains de la famille
royale d’Arabie saoudite elle-même[v]
(sous couvert d’œuvres caritatives). Qu’en dit Bush : rien. Hier, aux USA :
une vidéo trouvée chez Ben Laden,
censurée, elle mouillait l’état
saoudien, leur allié!)
Les circuits parallèles, les paradis fiscaux, l’argent sale[vi]
(de l’héroïne afghane...), plus ou moins blanchi en Europe (le Luxembourg
!), tout le monde est au courant, inutile d’insister. Le pétrole et ses
enjeux, en Afghanistan compris, idem.
Un indice à méditer : nulle part dans le monde arabe, il n’y a jamais eu
le moindre sabotage de pipe-line ou
de gazoduc.
¤ 6. Venons-en au terrorisme. C’est le mot piège
par excellence. Il s’agit pour tout un chacun aujourd’hui de l’exercice
d’une violence souvent « aveugle » (ou tentative de..., ou menace
de ...), visant à amoindrir, dominer, voire éliminer un ennemi ; au moins mal, visant à lui imposer un changement dont il ne voudrait pas, ou lui refuser
au contraire un changement dont on ne voudrait pas. Mais quel genre d’ennemi
? Un gouvernement ? une population ? une armée ? une église ?
toute une société ? Et quelles peuvent
être les motivations des
terroristes : révolutionnaires, ou contre-révolutionnaires ? nationalistes
opprimés, ou oppresseurs ? ethniques,
anti-étatiques, etc., bref
politiques ? ou encore religieuses ? Et qui
peut-on qualifier de terroriste ? Un individu isolé ? un groupe organisé
(de civils, de partisans) ? un réseau ? une armée ? un Etat (« voyou »
de préférence) ? Selon les réponses que vous apportez, vous choisissez votre
camp.
Pour être concret : les FTP en Limousin étaient-ils
des terroristes ? Et les manifestants de Gênes en juillet dernier ? Et José
Bové ? Si on approuve les arguments de Bush, ceux-là le sont tous.
Tentons quelques autres exemples pour y voir plus
clair. Les attentats du 11 septembre sont certes du terrorisme, de masse. Par
contre, les combattants Hezbollah au Liban-sud occupé - n’en déplaise à
Lionel Jospin - ne sont pas à mon sens des terroristes, eux qui ont fini par
libérer le Liban-sud, par le harcèlement incessant des troupes d’occupation
israéliennes. Ni non plus le FPLP
dans les territoires occupés, ou même en Israël, s’il s’attaque
uniquement à des militaires israéliens. Si les combattants du FPLP étaient
des terroristes, alors les hommes de Guingouin, luttant ici même à
Bussy-Varache il y a près de 60 ans, contre les envahisseurs et contre leurs
alliés la milice de Pétain, le seraient aussi.
Par contre, bien sûr, les kamikazes du Hamas contre la population israélienne sont des
criminels, qui nuisent grandement à la cause qu’ils prétendent défendre.
Au même titre étaient criminels les sionistes de l’Irgoun, contre les civils
palestiniens en 1948, et de même les massacreurs phalangistes chrétiens à
Sabra et Chatila en 1982, couverts par Ariel Sharon. De même aujourd’hui les
militaires israéliens qui tuent, par balles en
plein front, les enfants de la Palestine occupée qui leur lancent des
pierres, sont des terroristes. Et ceux qui les arment, ceux qui les soutiennent,
sont complices.
Dernière question : les bombardements massifs de
civils, à Dresde peu avant la capitulation nazie, à Hiroshima et Nagasaki
en 1945, qui firent des centaines de milliers de victimes, est-ce ou non du
terrorisme ? Pas pour le gouvernement US : c’était la guerre.
¤ 7. Le rôle des USA dans la montée de
l’islamisme contre les peuples est une évidence. De très nombreux ouvrages
en témoignent. Pas seulement en Afghanistan en riposte à l’invasion soviétique.
Dans les années 90, après le retrait des Soviétiques donc, les Américains
continuèrent à aider les talibans, par Pakistan interposés. Aujourd’hui
encore, la CIA utiliserait les réseaux Jihad dans les Balkans et en ex-URSS[vii].
Un cas qui nous touche de près : leur complaisance,
pour ne pas dire plus, vis-à-vis du FIS algérien terroriste, est patente.
(Celle des Britanniques aussi, avec le GIA, qui refusaient d’extrader les
commanditaires des attentats à Paris.)
Plus généralement, les interventions américaines
contre les peuples, avec ou sans intermédiaire, n’est pas une nouveauté : au
Guatemala de Rigoberta Manchu (100 000 victimes, la plupart indiennes, en 40
ans), au Chili (rappelez-vous Victor Jara, guitariste mondialement connu, à qui
on coupa les doigts avant de le tuer, et le stade de Santiago, et le film Missing
!), au Nicaragua[viii]
(l’aide directe aux contras apportée jusqu’à la chute des sandinistes), et
dans d’autres pays d’Amérique. Sans compter le soutien inconditionnel à
Israël, aujourd’hui comme hier. Sans compter la mort lente des civils
Irakiens depuis 10 ans, directement imputable aux Etas-Unis et à leur allié
britannique. N’est-ce pas du terrorisme ?
Sans compter non plus les invasions d’un pays
souverain par les USA : Vietnam, Panama, Grenade, Cuba et la baie des cochons.
J’en oublie.
Deux poids,
deux mesures
: tout le monde l’admet, à propos de très nombreux litiges. Les dirigeants
états-uniens frappent qui ils veulent, et quand ils veulent. Et il soutiennent
les régimes qu’ils veulent, contre le monde entier au besoin.
Ils sont responsables depuis un demi-siècle de centaines
de fois plus de victimes civiles
que Al Qaïda à New-York[ix].
Mais cette fois-ci, pour la première fois, leurs citoyens sont les victimes...
La réponse des USA aux attentats du 11 septembre,
c’est : nous sommes les gendarmes du monde, les autres peuples n’ont qu’à
bien se tenir, s’incliner, obéir. Les Etats-Unis
mènent une véritable croisade du « bien »
contre le « mal », citent
tel et tel pays comme leur prochaine cible, visant à faire régner la terreur.
L’antiaméricanisme dans le monde est de
ce fait bien plus fort que la montée islamiste (même dans les pays
arabes), et ne peut que croître encore. Même en Amérique du sud (ils viennent
de citer l’Uruguay comme cible potentielle). Il y aura sans doute d’autres
Afghanistans, d’autres Ben Laden. En tout cas, Bush ne demande que çà pour
accentuer encore sa domination.
¤ 8. Corrélativement, les USA refusent toute avancée
du droit international, récusent les conférences de Rio, de Kyoto, les
tribunaux, et tous traités ponctuels : sur la mise hors la loi des mines
antipersonnelles, sur les droits des enfants, etc., etc.
Rien que dans la toute dernière période, on apprend
: 1/ Le 9 décembre : la Conférence de Genève sur les armes biologiques vient
d’échouer à cause d’eux, ils veulent développer un programme de germes en
grande quantité à des fins militaires. 2/ Le 9 encore : le Sénat américain
vote un projet de loi interdisant aux Etats-Unis de coopérer avec la Cour pénale
internationale sur les génocides, crimes de guerre, crime contre l’humanité...
sauf si les troupes américaines engagées dans un conflit ne sont pas préalablement
exemptées à l’avance par les Nations Unies de toutes poursuites par la
dite cour. 3/ Le 13 : les USA dénoncent
unilatéralement le traité antimissile de 72, et s’engagent dans une vaste,
inefficace et coûteuse relance du bouclier antimissile. 4/ Le 15 : ils opposent
leur droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU à l’envoi
d’observateurs onusiens en Palestine. 5/ Le 16 : ils promettent de fortes
primes à qui éluciderait le
meurtre de tout citoyen binational en Israël et dans les colonies juives,
faisant fi de tous leurs engagements antérieurs.
Quelles sont les raisons de ce comportement, aggravé
depuis le 11 sept. ? De politique intérieure d’abord :
mal élu, Bush a d’un seul coup 88% des Américains derrière lui, humiliés,
inquiets, réclamant vengeance, et qu’il rassure. Et puis, les USA en
profitent pour augmenter encore leur pouvoir sur tous les terrains. Géostratégique d’abord, et Z. Brzezinski dit vrai dans le
Figaro du 16 dernier : « depuis le
11 septembre, l’Europe en tant que telle n’existe pas ». Terrain
militaire ensuite bien sûr, mais aussi économique, idéologique, culturel.
Bref, avant la seconde guerre mondiale ils disaient déjà: « ce
qui est bon pour General Motors est bon pour l’Amérique ».
Aujourd’hui, « ce qui est bon pour les USA est bon pour le monde ».
¤ 9. Quelques mots sur les contradictions internes
du système, qui sont grandes et qui s’aggravent. L’Empire ne peut tenir indéfiniment. Deux exemples entre cent:
- 15% de profits, par rapport au capital investi,
exigés par ceux qu’on appelle les « zinzins[x] »,
avec 3% à 5% d’augmentation des PIB selon les pays. Ce n’est pas tenable, même
à moyen terme.
- La dette américaine est de 15 000 milliards de
dollars, soit 6 fois la dette de l’ensemble du sud et de l’est, ou encore 6
mois du produit brut mondial.
Peut-on croire à une domination infinie et sans
partage d’un pays ainsi fragilisé, et entré en récession[xi]
?
Les dirigeants amricains le savent, et tentent d’échapper
à la crise boursière majeure qui menace. Ils espèrent que des crédits
militaires en très forte hausse vont jouer leur rôle habituel de relance. Mais
les démocrates plaident également pour une relance par des crédits civils, et
Le Wall Street governement semble
quelque peu remis en question depuis le 11 septembre[xii].
¤ 10. Deux mots sur la situation en France. Un
fascisme rampant, sur fond sécuritaire, n’est pas exclu, surtout si la
droite parvient au pouvoir ; même si pour l’instant on ne peut parler,
c’est déjà assez grave, que d’un pas vers une « démocratie limitée ».
Ainsi, prétextant le 11 sept., le gouvernement impose un projet de loi
d’exception sur la sécurité quotidienne dans lequel on trouve, entre autres
: l’extension des contrôles et fouilles au corps autorisés aux vigiles privés,
la fouille des véhicules, les perquisitions d’appartements sur simple
suspicion, même en l’absence du propriétaire, la surveillance généralisée
des communications de téléphone et internet.
En attendant, le danger de fascisme, après 20 ans de
crise, grandit y compris en Europe : en Italie, Autriche, Danemark, montée de
l’extrême droite participant au pouvoir, sur fond de xénophobie, réaction
de protection égoïste de pays riches devant le spectacle de la misère du
monde.
Mais grandit
aussi le poids de la fraction la
plus consciente
des peuples : Attac en France (rassemblée au Zénith le 19 prochain, pour y
lancer son Manifeste 2002),
et dans une trentaine de pays du monde, dont 15 en Europe. Et la tenue du
2ème Forum Social Mondial de Porto
Alegre, fin janvier également, qui
fera date s’il échappe aux embûches de l’après 11 septembre, et propose
des alternatives crédibles.
¤ 11. Mais revenons sur l’intervention en
Afghanistan, dont je pense qu’elle était, après le 11 septembre, devenue nécessaire.
Mais qu’on aurait pu s’y
prendre tout autrement.
Je vais y venir, mais, plus généralement d’abord,
comment combattre ce fascisme en voie de mondialisation ? Essentiellement par l’avènement d’un véritable droit international,
avec création d’instances adéquates. Et d’abord en donnant
un rôle accru à une ONU qu’il est urgent de rénover.
Un exemple de brûlante actualité : l’envoi aujourd’hui
même par l’ONU en Afghanistan, pour une durée très limitée espérons-le,
de casques bleus. Elle eut
pu se faire avec des soldats non occidentaux, par exemple des musulmans
non arabes : Turcs, Indonésiens... Option rejetée à peine émise, et pour
choisir au contraire une force à direction britannique, donc
des « infidèles »
d’occident - qui plus est
d’une nation qui chercha à les coloniser durant des siècles et jusqu’en
1920, en compétition avec les russes, autre colonisateur. Vieille revanche...
On crée probablement ainsi les conditions
pour un rejet de ces troupes par les afghans, et une relance de
l’islamisme.
Ensuite, un simple constat : le Conseil de sécurité de l’ONU eut été unanime pour intervenir en
Afghanistan, après le 11 septembre, par des troupes placées sous son
commandement. Option même pas étudiée, les USA voulaient agir seuls, refusant
même les offres de leurs alliés atlantiques.
De plus - et c’est là l’essentiel -, une
intervention fut-elle devenue nécessaire si depuis 1995 la communauté
internationale avait aidé la résistance intérieure ?
Rappelons-nous Massoud, venant chez nous demander de l’aide il y a seulement
quelques mois, et reconduit de façon
cavalière, il ne fallait surtout pas déplaire aux USA. (Et de même au Kosovo,
avec Rugovar, que ni l’ONU, ni
l’Europe, n’ont jamais voulu soutenir depuis 92, ce qui eût sans doute évité
une vraie guerre, quelques années plus tard).
Enfin, l’intervention états-unienne, à l’opposé
de tout ce qui a pu être proclamé, s’est faite sans aucun souci des
populations[xiii].
Malgré le black-out habituel, on sait qu’il y eut des milliers de victimes
civiles, tués ou blessés : les témoignages recueillis par les journalistes à
la frontière pakistanaise sont éloquents. Comme en Bosnie, en Yougoslavie, au
Kosovo, les Américains ont bombardé surtout les villes, les grands bâtiments,
les ponts, semant la terreur chez les citadins. Et des centaines de milliers
d’afghans se sont jetés sur les routes pour y échapper, dont un nombre indéterminé
est mort de froid, de faim, ou essaie de survivre aujourd’hui dans des camps,
démunis de tout à des centaines de kilomètres de chez eux.On peut
d’ailleurs se demander, sans être stratège, pourquoi bombarder en priorité
les villes. Sinon, peut-être, pour avoir à les reconstruire après les guerres
?
La suite des opérations a montré que Kaboul n’était
pas un point stratégique. Et les USA savaient, mieux que quiconque, que mis à
part les missiles qu’ils avaient eux-mêmes fournis aux taliban, l’armée
afghane était équipée de matériel désuet et en mauvais état. Une attaque
initiale sur la frontière pakistanaise, où se situaient leurs bases, était
d’ailleurs préconisée par les experts...
¤ 12. Réflexions pour conclure - Mondialisme à
dominante financière et terrorisme en voie de mondialisation, ne sont-ils pas
les deux faces d’une même médaille ? Ils s’alimentent l’un l’autre en
tout cas. Il semble que chacun d’eux ait besoin de l’autre, c’est le
couple infernal. (Exemple de l’Algérie :
pouvoir militaire et GIA se perpétuent dans une situation gelée depuis
10 ans, la présence de l’un justifiant la présence de l’autre. Et pendant
ce temps, gaz et pétrole continuent de couler, et le peuple algérien continue
de souffrir). Dans ce monde fini, où aucune terre ni peuple n’est plus à
conquérir, où le dollar est roi, où l’exploitation de l’homme par
l’homme atteint des niveaux insoutenables, l’Empire n’a-t-il pas besoin
d’un ennemi pour continuer à régner ? Je vous pose la question.
S’attaquer
aux causes, c’est du même coup combattre l’islamisme.
Supprimons la dette, déjà payée 5 à 6 fois, et le pillage des matières
premières des pays pauvres. Donnons à ces pays les moyens de se procurer
l’eau potable et la
nourriture qui leur manquent, et
l’instruction, et la santé. Il suffirait de 40 milliards de dollars par an
pendant 10 ans[xiv].
Comment y parvenir sinon en combattant la nocivité du système[xv],
par exemple en imposant la taxation des spéculations responsables de crises
sans répit depuis 1994 (Argentine aujourd’hui), en supprimant les
paradis fiscaux et leur blanchiment de l’argent sale (dont Ben Laden s’est
servi, on retrouve là la cohérence d’un système-monde à deux visages).
Un sens global
doit être donné à l’action pour un monde plus juste et plus fraternel[xvi].
Certes, le 11 septembre rend cela encore plus difficile. Difficulté accrue qui
n’est pas pour déplaire à ceux qui dirigent l’Empire
- et ce constat justifierait déjà à lui seul la nécessité de combattre
l’islamisme. Et lutte à long terme, qu’on ne gagnera, je le répète une
dernière fois, que si les peuples acquièrent
une conscience claire des causes de leurs souffrances et engagent ensemble le
combat contre l’Empire[xvii].
Claude GOBEAUX
Limoges, le 16.12.01 (ajouts le 21, notes le
26)
Les chiffres entre crochets renvoient aux ouvrages cités dans la
bibliographie,
en fin de notes
[i] Il m’est arrivé de choquer des interlocuteurs, en soulignant par exemple la responsabilité de la France dans l’apparition du nazisme en Allemagne. C’est un fait que le « honteux diktat de Versailles » imposé par notre pays, l’occupation de la Ruhr par la France en 1923, contre l’avis de ses alliés, le pillage du pays sous prétexte de « réparations », suivi de l’effondrement du mark, et les humiliations ainsi ressenties par le peuple allemand tout au long des années 20, ont créé pour une bonne part le terrain propice à la montée de l’hitlérisme. Cette analyse ne justifie pas le moins du monde pour autant le fanatisme des criminels nazis.
L’argumentation qui suit est loin d’être sans reproche, mais elle s’attachera de même à rappeler des choses qui fâchent, et qu’on occulte.
[ii] Ma compassion pour les talibans, un sentiment qui en choque quelques-uns je pense, est pourtant réfléchie, et permettrait, si elle était partagée par un grand nombre, de résister à cet engrenage de haine qui nous menace.
Si vous étiez pachtoun - Afghan ou Pakistanais donc - et que vous deviez choisir pour votre fils de 8 ans, entre : l’entrée dans une madrasah, où il va psalmodier toute la journée le Coran, assis sous abri, nourri, logé, et lui permettre peut-être, s’il est docile, intelligent, s’il a de la mémoire et la parole facile, de continuer des études islamiques... ou bien au contraire l’embauche chez un propriétaire du village, où il va produire, dehors et par tous les temps, 1000 briques par jour pour 80 francs par mois (vu et entendu à la télé lors de la journée de l’enfance), que feriez-vous ? Pourvu qu’on les aide quelque peu, les parents ont vite choisi, l’enfant aussi, si tant est qu’on lui laisse le choix. Dans les deux cas de figure, il risque fort de devenir taliban. Mais pas tout à fait pour les mêmes raisons, ni au même poste. Dans les deux cas, peut-on le lui reprocher ?
Nous, « occidentaux », avons une responsabilité dans son avenir. Nous pouvons peser pour modifier la destinée de tous les petits pachtouns. Pas tellement en adhérant à une œuvre charitable. Si respectable soit la démarche, ses limites sont évidentes. Mais en exigeant, par millions, qu’un organisme international - l’UNESCO existe que diable ! - puisse créer et gérer dans tous ces pays démunis des écoles publiques, gratuites et laïques, qui mettraient fin à l’analphabétisme. Les parents recevraient une aide équivalente à ce que les enfants auraient gagné s’ils avaient travaillé. Peu onéreux. Très simple, en apparence. Mais dans la réalité, nous nous heurterions à des intérêts « libéraux » : locaux dans le cas d’une briqueterie, mondiaux s’il s’agit d’une fabrique de textile, ou de chaussures, celles que vous portez sans doute en me lisant. Il s’agit bien d’une lutte politique, à l’échelle du monde.
[iii] On aura reconnu la définition marxiste de la paupérisation. De bons apôtres se gaussent de ces vieilles rengaines, à l’heure de l’internet. Tout juste concèdent-ils que dans certaines périodes de mutation, comme celle que nous vivons, une certaine paupérisation, relative et transitoire, peut advenir. Mais demain, avec les avancées techniques inouïes qui se profilent, ce sera l’abondance pour tous (Eux qui ne souffrent pas, ils ont la patience d’attendre).
D’autres et non des
moindres réfléchissent aux lendemains. Un aréopage de 500 décideurs
s’est réuni au Fairmont, un
endroit idyllique dans la baie de San Francisco, pour réfléchir à
« l’avenir du travail ». Dans le siècle à venir, ils
s’accordent à dire que les deux dixièmes de la population active
suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale,
participant pleinement à la vie, aux revenus et à la consommation. Que
faire des 80% qui restent ? Notre vieille
connaissance Zbigniew Brzezinski a proposé à leur intention le tittytainment
: amusement au sein (ou à la mamelle), expression argotique qui fit
fureur aux USA. Ce serait un
cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante,
permettant de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la
planète. Bref, le panem et
circenses des Romains, auxquels on ajouterait la télé et le sexe.[4,
p.17]
N’ayez crainte, la paupérisation a de beaux jours devant elle.
[iv] Ben Laden et ses soutiens sont de très grands capitalistes. Tous professent bien un intégrisme religieux, respectueux du Coran à la lettre, y compris dans ses aspects les plus barbares : le sort réservé à la femme, aux voleurs, etc. Pour la plupart, ce n’est qu’un moyen d’affermir leur pouvoir sur le peuple. Et leur vie privée (débauche, alcool) n’a souvent qu’un rapport très lointain avec les préceptes de la foi musulmane.
[v] Le Coran dans plusieurs sourates (la 102 en particulier : La course aux richesses) fustige les riches. Certains affirment que le prêt d’argent avec intérêt est contraire à la loi coranique. Une banque musulmane serait alors une hérésie ?
Le train de vie des
richissimes banquiers arabes, la magnificence de l’entourage des émirs et
de la cour saoudienne sont
pourtant de notoriété publique, y compris dans leurs pays. Les uns et les
autres se dédouanent en argüant que cette richesse leur est donnée par Allah pour qu’elle aide à la propagation de la
foi. Le pétrole peut ainsi couler à flot... pour la religion. (Il n’est
pas interdit de penser d’ailleurs que certains de ceux qui donnent des
fortunes à Al Qaïd et autres œuvres musulmanes « caritatives »
soient sincèrement croyants, et des pratiquants rigoureux). [2]
[vi]Selon les estimations de
l’ONU, la production d’opium en Afghanistan , en 1998-99, atteignit un
niveau record de 4 600 tonnes [1,
p.87]
Toujours selon l’ONU, l’économie de la drogue représentait en 1996, à elle seule, 8% du commerce mondial. En deuxième rang viendraient les trafics d’armes, puis la prostitution et la traite des humains, le piratage en informatique, les trafics d’animaux. Le PCB (produit criminel brut) représentait déjà en 1996 environ 15% du commerce mondial.[5, p.43 à 85]
[vii] [1
p. 89-90]
[viii] Les plaintes portées
par le Nicaragua contre les USA (Cour internationale de justice, Conseil de
sécurité de l’ONU, puis Assemblée générale), toutes « gagnées »
(unanimité moins USA et Israël à l’A.G.), mais toutes sans effet, sont
abordées, avec bien d’autres sujets, dans la contribution de Noam
Chomsky. [1,
p.19 à 45]
[ix] N’ayons garde d’oublier les crimes perpétrés ou couverts en notre nom. Rien qu’en deux ans à l’issue de la seconde guerre mondiale, la France a tué au moins 150 000 « indigènes » pour tenter de sauver son empire colonial. Les trois principaux massacres sont les suivants : 1) Le 8 mai 1945 - le jour même de la capitulation nazie - et dans les jours qui suivirent, 40 000 à 45 000 victimes dans Sétif et sa région (Algérie) . 2) En décembre 1946, 6 000 à 20 000 tués dans le bombardement de Haïphong (Vietnam, par la flotte française. 3) En avril 1947, au moins 90 000 morts dans la répression d’une révolte à Madagascar.
[x] zinzins : on surnomme ainsi
les investisseurs institutionnels : fonds de pension, compagnies
d’assurance et autres organismes de placements collectifs. [3, p.261]
[xi]Se rapporter pour plus de
précisions à l’article du n° 97
de La lettre du Cercle Gramsci, intitulé Ben Laden sauveur de Bush.
[xii]D’après
la revue Confluences n°115 de nov.
2001, article de Barry Bluestone, économiste américain : Quels changements dans la politique économique américaine après le 11
septembre ?
[xiii] Le mépris des populations civiles est une constante de l’aviation américaine. Qu’il me soit permis de rappeler ici un vieux souvenir, celui des « bombardements alliés » de 1944. Quand les « forteresses volantes » US attaquèrent le nœud ferroviaire d’Hirson en mars, une fin de matinée, le dépôt de locomotives était en pleine activité, les bombes tombèrent çà et là de 5 000 mètres. Résultat : 47 morts, tous des civils. Ensuite, et 5 ou 6 fois en 3 mois, nous eûmes droit à l’aviation anglaise, en général de nuit, descendant beaucoup plus bas, visant mieux leurs cibles et faisant beaucoup moins de victimes. L’opinion publique ne cessait de comparer les résultats, et déjà critiquait les frappes US. Il n’aurait pas fallu parler aux Hirsonnais de frappes chirurgicales !
[xiv] Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD - 1998, p.33), extrait :
« Le coût de réalisation et de maintien d’un accès universel
à l’éducation de base, aux soins de santé de base, à une nourriture adéquate,
à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires, ainsi, pour les
femmes, qu’aux soins de gynécologie et d’obstétrique, est estimé à
environ 40 milliards de dollars par an. Cela représente moins de 4% de la
richesse cumulée des 225 plus grosses fortunes ».
On ne peut attendre des logiques du marché et du profit qu’elles satisfassent ces besoins essentiels. Les 1,3 milliard de personnes privées d’eau potable et les 2 milliards d’anémiés ne disposent pas d’un niveau de vie suffisant. Seules des politiques publiques résolues sont à même de garantir l’application de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Encore faut-il que les pouvoirs publics s’en donnent les moyens politiques et financiers. Cela ne se fera pas sans la pression d’un puissant mouvement social et citoyen en faveur de mesures concrètes à appliquer.
[Suivent 8 pages de
proposition] [3, p.233 et suivantes]
[xv] Maurice Allais, prix Nobel d’économie 1988, était à l’époque adepte d’une économie néolibérale. Dans son dernier ouvrage (La crise mondiale aujourd’hui - 1999), il fait marche arrière et ne mâche pas ses mots :
« On ne peut prendre le risque de déstabiliser l’économie mondiale sous le seul prétexte de maintenir les gains éventuels des spéculateurs (...) L’organisation actuelle des marchés boursiers (...) est fondamentalement nuisible pour l’ensemble de l’économie ; elle est éminemment déstabilisatrice, elle favorise une volatilité excessive des marchés ; elle se prête à toutes les manipulations ; elle est génératrice de fraude (..) Il ne s’agit pas [pour les spéculateurs] de décisions économiques d’investissement, mais de pures opérations de spéculation, où seuls les initiés peuvent effectivement gagner ».
Face à ce constat, les solutions d’Allais sont radicales. Citons-en quelques-unes : dissoudre les Hedge Funds ; revenir au système de changes fixes ; abandonner le dollar comme monnaie internationale de compte, d’échange et de réserve ; interdire la spéculation aux banques, etc. etc. [3, p.17]
[xvi] Les 20% d’êtres humains les plus riches se partagent 85% du revenu mondial, alors que les 20% les plus pauvres se contentent de 1,4% de ce même revenu. La situation ne fait qu’empirer : entre 1987 et 1999, le nombre de personnes vivant avec moins de un dollar par jour est passé de 1,2 à 1,5 milliard ; un être humain sur deux vit avec moins de deux dollars quotidiens. Selon le PNUD, le nombre des personnes dont les fortunes cumulées équivalent à 1000 milliards de dollars est passé de 358 en 1997 à 225 en 1998, puis à 200 en 1999. A l’opposé, cette somme équivaut aux revenus cumulés des 47% les plus pauvres du monde, soit 2,7 milliards de personnes (2,3 milliards deux ans plus tôt).
Le livre montre ensuite que ces inégalités sont ciblées sociologiquement (jeunes, femmes), et géographiquement (12 pays concentrent 80% des plus pauvres, mais 20% des Européens, et 25% des Américains : chômeurs, SDF, working poors, vivent sous le seuil de pauvreté) [3, p. 9]
Note sur ces trois dernières notes - Mes contradicteurs de droite - dont certains se disent de gauche ! - m’accusent, confrontés à ces données indubitables de faire de l’économisme, et nient toute corrélation entre ces inégalités et la montée des intégrismes. Certains de mes camarades de gauche (de la gauche) me reprochent de faire du réformisme, et de vouloir « aménager » le système. A ceux-là, je demande en vain ce qu’ils proposent, concrètement. La mauvaise foi, et parfois la hargne, des premiers, me convainc en tout cas d’être globalement du bon côté.
[xvii] Il se trouve que je relis l’ouvrage de Vercors : Plus ou moins homme (1950). Un si beau titre, d’un auteur un peu oublié, résistant (Le silence de la mer...), humaniste et pacifiste, qui soutint Garry Davis, « premier citoyen du monde ». En conclusion du dernier chapitre intitulé « Pas de malentendu », il écrit ceci, que je fais mien :
« Nous considérons que si nous sommes, chacun, citoyen d’une
certaine nation, nous sommes aussi, et d’abord, citoyen du monde. Que tout
différend entre une nation et une autre est querelle de famille, et que de
vouloir le régler par les armes est un crime fratricide. Mais qu’une de
ces nations prétende assujettir toutes les autres, et tout change : cette
nation-là assume le plus grand crime, celui de lèse-humanité. Et nous lui
ferons la guerre. »
BIBLIOGRAPHIE
[1] L’EMPIRE
EN GUERRE Le monde après le 11 septembre
Un livre à ne pas manquer
Ecrivant à chaud, plus de 20 intellectuels
internationalement connus refusent de céder au climat de psychose qui
semble s’être emparé d’une partie de la planète.
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[2] BEN LADEN
ET L’AMERIQUE Passionnant, hélas...
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ans - Diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble.
Bayard -
octobre 2001 - 18,90 euros
[3]
Le bateau ivre de la mondialisation - Escales au sein
du village planétaire
Arnaud ZACHARIE et Eric TOUSSAINT
CADTM /
Syllepse - 2000 - 18 euros
[4] Le piège
de la mondialisation Un
grand succès en Allemagne
Hans-Peter MARTIN et Harald SCHUMANN
Solin
Actes sud - 1997 - 139 F
Pour ceux qui
veulent approfondir la géographie et l’histoire :
Atlas des
peuples d’Orient
Moyen-Orient Caucase
Asie centrale
Jean SELLIER et André SELLIER
La Découverte
-1994 - 294 F