La
seconde révolution darwinienne
Soirée du 26
avril 1996 avec Patrick TORT.
Dans la belle salle du Conseil
Général, place des Carmes : on se félicitait dabord...davoir trouvé la
salle! Entraînés par lhabitude, certains étaient allés du côté de la Mairie.
Mécanique implacable du comportement acquis!
Cest en effet pour écouter
Patrick TORT (PT) nous parler de ces questions que nous étions réunis : la pensée de
Darwin, peu lu, beaucoup évoqué, criminellement déformé parfois, a profondément
révolutionné les sciences de la vie. Elle est, montre PT, vivifiante en sciences
humaines et nullement réductible à la caricature rétrograde quon en a faite.
Dune importance comparable à celles de Marx ou de Freud, que PT évoquera, elle
établit selon lui un pont enfin solide entre le matérialisme et les exigences morales.
Qui, mieux que Patrick TORT, était qualifié pour parler de Darwin? Claude GOBEAUX
présente notre invité : directeur de lénorme et très récent Dictionnaire du darwinisme et de lévolution[1],
il est la personne au monde qui a vécu dans Darwin et consacré sa recherche
a explorer cette pensée complexe et généreuse, à combattre la sociobiologie, à
dénoncer le darwinisme social. Cest en outre, nous en sommes fiers, un
vieil ami du cercle Gramsci : Claude rappelle quen 1986, PT était venu nous montrer
toute la Misère de la sociobiologie.
Cest à PT que lon doit davoir fait débaptiser la rue Alexis
Carrel à Limoges comme dans dautres villes. Personnalité fascinante et
chaleureuse, PT a selon Claude un
franc-parler qui lui a fait beaucoup dennemis. Son dictionnaire, nous lattendions depuis longtemps :
lUniversité, qui boude PT de façon ridicule, sera enfin bien obligée de
laccueillir.
PT
salue avec bonheur tous les amis du cercle Gramsci. Il exprime son
profond respect pour ceux qui cherchent à rendre la philosophie populaire, la
problématisation populaire(...) Lintention dune université populaire
(l) habite depuis vingt ans, et PT nous encourage.
Le
Dictionnaire : lorsque PT la entrepris, beaucoup lont pris pour un fou...
il nétait pas biologiste et ne publiait pas en anglais! Il sagissait donc
aussi pour lui de défendre et illustrer la francophonie, et dailleurs
les Anglo-Saxons nont pas grandchose de neuf à dire sur Darwin.
Pourquoi ce Dictionnaire? Il y a au sujet de Darwin une
gigantesque méprise historique et théorique. Il fallait donc reconstituer la
logique de Darwin dabord, puis la pensée complexe de lévolution,
rendre à Darwin ce qui est à Darwin. En sciences humaines, on lévoque
sans lavoir lu, on le montre tour à tour néomalthusien, impérialiste, victorien,
eugéniste. Malentendu total, qui fait par exemple quaujourdhui un homme bien
intentionné comme Albert Jacquard en arrive à dénoncer la théorie de la sélection
naturelle!
PT retrace la naissance du
noyau du Dictionnaire en 1982-85
dans deux de ses principaux ouvrages[2], et sa lutte contre le
darwinisme social issu des Etats-Unis, répercuté en France par le Figaro Magazine et la nouvelle droite. Il
sagissait pour ces gens de rendre acceptables, en les naturalisant, des
théories inégalitaires ou racistes, et plusieurs fois les travaux de PT ont
entravé leur succès.
PT évoque enfin rapidement les nouveautés
présentes dans le Dictionnaire : le
darwinisme russe, par exemple, était presque inconnu en Occident.
PT veut mettre en lumière deux faits :
1- Darwin nest pas
labominable méchant quon simagine.
2- Cette mauvaise interprétation du
darwinisme a des causes historiques.
1859
: Darwin publie sa théorie de la descendance modifiée par le moyen de la
sélection naturelle et fait sensation. Il parle uniquement des végétaux et des
animaux, mais dans le public la tentation dinterpréter, de transposer,
dappliquer à lhomme, est immédiate. Cest lemprise de
lidéologie dominante : la théorie se
prêtait à... Il faudra, dit PT, réfléchir à ce genre dexpressions.
En 1860,
Spencer annonce la publication de son grand système. Il était depuis longtemps à la
recherche dune loi générale, dune théorie globale du devenir biologique et
social. Il sagissait pour lui de découvrirune sorte de résultante, une loi
de physique générale applicable à ces domaines. Sous linfluence de
lembryologie de Von Baer, de la thermodynamique et de Lamarck, il formule sa loi
dévolution des agrégats, qui les fait passer, par différenciation, dun
stade dhomogénéité indéfinie et incohérente à un stade
dhétérogénéité définie et cohérente.
Cest, selon PT, le système
philosophique le plus puissant de lOccident moderne. Et cest Spencer qui
en est le créateur, non Darwin.
Darwin? Il parle de variations fortuites des organismes, avec sans doute un
déterminisme, mais quil avoue ne pas connaître. Son oeuvre a un succès de
scandale dans une société qui est alors créationniste, et où domine lidée
dune échelle fixe des êtres créés. LHomme est le couronnement de la
Création. Lidée quil pourrait simplement sinscrire dans une série est
donc ressentie comme une perte de privilège.
Parler
de lhomme, Darwin devait le faire ; par prudence théorique et par prudence
personnelle, il en a longtemps retardé le moment et il faut replacer ce retard dans le
contexte de la lutte pour la conquête du pouvoir dans lestablishment
scientifique de lépoque. Poussé par ses amis, Darwin sexprime sur
lhomme douze ans plus tard.
Entre temps, le spencérisme a gagné : doctrine philosophique de lAngleterre
victorienne, il se répandra en Amérique du Nord où Spencer deviendra le maître
à penser de tout un immense pays. Les Etats Unis sont aujourdhui avec le
Japon le pays où la doctrine spencérienne est la moins contestée. Sous
linfluence de Galton qui prône leugénisme, sous linfluence de
lidéologie des gagneurs de cette époque, se construit une pensée
biologique soucieuse dapplications à la société. Apparaissent alors les idées de
sélection artificielle des hommes, fondées sur la crainte dune dégénérescence
des races. Tout cela se passe avant que Darwin nait pu dire un seul mot sur
lhomme et la société.
1871
: Dans La descendance de lhomme, Darwin consacre
quelques chapitres à lhomme et à son évolution.
Que dit-il? Que la sélection naturelle
sélectionne aussi des instincts, dont les instincts
sociaux qui saccompagnent du sentiment de
sympathie : ce sentiment pour Darwin est appelé à sétendre indéfiniment.
Cette tendance évolutive, quil appelle civilisation,
tend à dépasser les fontières créées par lhomme entre lui là où il est
et ses semblables là où ils sont. Cest la naissance de léthique, sans saut ni rupture. La sélection naturelle sélectionne la civilisation
qui soppose à la sélection naturelle. Cette formule de PT, il la commente
lui-même en montrant quil sagit dun retournement dialectique ; que
lévolution produit à la fois chez lhomme intelligence et socialité avec
leurs liens réciproques : grâce à la socialité lhomme devient intelligent, et
cette intelligence il lapplique à la société, autrement dit,
léthique et lintelligence voyagent ensemble, saccroissent
ensemble. Il y a une évolution chez les animaux et les plantes, mais à
lintérieur dune société humaine civilisée, lévolution devient
autre. Au lieu de lélimination des malades, des infirmes, etc., la
civilisation choisit le secours et lassistance. Cest, dit Darwin, la
partie la plus noble de notre nature. Et il ne sagit pas chez lui dun
simple élan généreux (que confirment ses
déclarations anti-esclavagistes) : non, cest par le degré dinstitutionnalisation de
laltruisme que Darwin définit le niveau
de civilisation. Cela est donc essentiel, cest au coeur de sa pensée sur
lévolution humaine.
Cest ce que PT appelle leffet réversif et qui permet de
penser la morale comme fait dévolution (...) Car enfin, demande PT, sur quoi
allons-nous fonder la morale? On na pas le choix. Ou bien cest les Dix
Commandements ou bien cest la reconnaissance de cet impératif absolu :
tout ce qui est humain est concerné par un processus évolutif (...) On passe dun
état A à un état B sans rupture, mais avec effet
de rupture.
Ici Patrick Tort, collant une bande de
papier, construit un anneau de Moebius quil nous montre. Si avec un
stylo, on en parcourt une face, on rencontre au bout du parcours le début du tracé:
lobjet na quune seule face!
Cest une métaphore de leffet réversif : à quel moment ça
commence à se tordre? A aucun moment, on est toujours dans la torsion, cest la
torsion qui constitue le lieu dit PT. Lévolution sapplique à
elle-même sa propre loi : cest la naissance de léthique, la contradiction de
la sélection A par les effets de la sélection B issue de A. On peut donc
asseoir la moralité sur un socle biologique, le secours aux faibles, malgré les
sociobiologistes, les eugénistes et les nazis, est certes contre lintérêt biologique mais pour lavantage social, et ce sont
justement ces avantages qui gouvernent lévolution
humaine : elle a échappé aux intérêts biologiques. Passage de la nature à la culture,
comme on dit! On na pas besoin de Dieu pour être moral conclut PT.
Pendant ce temps, Claude a découpé
lanneau de Moebius au tiers de sa largeur. Le résultat est étonnant, très
différent du découpage à mi-largeur: essayez. Mais cela na rien à voir avec
notre sujet, Claude range son anneau et se remet à écouter sérieusement.
PT évoque ensuite Lalande, le seul Français qui se soit attaqué au
spencérisme pour poser le problème des rapports de la morale et du déterminisme :
on peut toujours réduire un acte moral à une série de petits intérêts, mais alors...
cet acte cesse dêtre moral! Ce sentiment intuitif du bien, quon éprouve en
le faisant, doù vient-il? Doit-on en revenir au religieux? Non : la morale, le
sentiment de transcendance, sont pour PT des faits dévolution. Le relais de Darwin
doit ici être pris par Freud et sa théorie de la sublimation. Nous avons
aujourdhui les armes pour cela. La morale ne doit plus être isolée des sciences et
livrée à lirrationnel.
On
a reproché à Darwin de sêtre inspiré de Malthus : il est vrai quil a
emprunté à ce dernier un élément de modélisation qui laide à structurer sa
théorie ; il est vrai que lélimination est présente dans la pensée de Darwin.
Mais Darwin ne lapplique quaux organismes inférieurs à lhomme. Sur les
sociétés humaines contemporaines, qui sont le propre terrain de Malthus, Darwin la
récuse. Ce reproche de malthusianisme fut malheureusement lerreur de Marx. A
droite comme à gauche on a raconté des sornettes sur Darwin (...) Darwin nest pas
ce quon a dit de lui. Il est très souvent lopposé. Il nous permet de
procéder à une véritable refondation de la philosophie, notamment dans le domaine de
léthique.
Après avoir rappelé nos prochains
rendez-vous, à Ligoure le 12 mai et avec La Rue le 24 mai, Claude Gobeaux donne la parole au public.
S.
BERTELOOT évoque les problèmes daccès à Darwin, le manque de traductions
françaises.
Par ailleurs dit-il, ce credo
matérialiste me gêne. Je suis marxiste, pas croyant. La tentative de PT
sinscrit dans une longue série : celle de fonder la morale sur la science, ce qui
est chimérique. Il y a rupture quand la matière passe dun niveau
dorganisation à un autre.
PT
: Vous avez posé la question. Le noyau
du problème, cest la conception du niveau dintégration ; cest-à-dire comment on passe dun niveau à
lautre? Le professeur Faustino CORDÓN, en Espagne, est le seul qui pourrait
aujourdhui y répondre. Quand on passe du niveau moléculaire à ce quil
appelle le basibión, puis au niveau cellulaire, enfin organismique, on a des
constituants semblables mais des propriétés différentes. Il ne faut pas penser en
termes de rupture mais démergence. Pour la réponse à cette question, il faut
attendre que la pensée de Cordón soit énoncée et comprise.
Pour les traductions, celle de MOULINIÉ
(Marabout université, 1973) est satisfaisante ; mais PT déplore lui aussi les
difficultés daccès. Il se prépare à entreprendre la traduction française de
lensemble de loeuvre de Darwin.
M.
DRUGUET constate quil existe dans les sciences des choses sûres, dautres
en évolution. Les religions sont en évolution. Lhomme construit sa culture à
partir dun grand bricolage.
PT
: Il est clair que lévolution culturelle nobéit plus à lévolution
naturelle. Cest léducation qui remplit lessentiel du rôle évolutif.
En même temps, lhumanité devient un agent transformateur puissant, elle crée de
lirréversible. Ainsi lévolution naturelle a produit la capacité rationnelle
et la régression des instincts, qui produiront à leur tour, soit une évolution
civilisatrice positive, soit des erreurs irrémédiables...et plus dévolution
du tout!
Le
même : Les religions répondent donc à un besoin?
PT
: Oui. Les grandes religions ont porté, dit Darwin, les exigences morales de
lhumanité. La religion est un fait dévolution. Ce quil faut
aujourdhui, cest se passer de lobligation
religieuse pour fonder la morale. Darwin ma plus appris sur la morale que tous
les traités de morale. Mais il faut aussi éviter de fonder une nouvelle
superstition issue du darwinisme ou de la psychanalyse, car il nest pas sûr
que la psychanalyse soit restée matérialiste
C.
LAURETTE seffare de la facilité que certains ont, à propager des idées
fausses : il montre une revue (Sciences humaines)
où sont cités des psychologues américains. Leur livre, une supercherie corruptrice (Intelligence et structure de classe) explique que
les différences de quotient intellectuel justifient les classes sociales ; il postule que
le QI est mesurable, héritable...et bien sûr variable selon les groupes ethniques.
PT
: Evidemment avant de mesurer lintelligence, il faudrait la définir. On mesure
surtout, en fait, les écarts sociaux.
PT nest pas surpris de la
répétition de ces vieilles sottises : par nature, lidéologie se répète. La
science avance, lidéologie non : elle ninvente pas, elle sadapte. La
sociobiologie est une idéologie de crise, et à chaque crise depuis 150 ans, ce même
discours ressort. Cette obsession habitera les Etats Unis tant quil seront les
Etats Unis. Cette obsession de la dégénérescence et du QI prouve surtout
une vraie dégénérescence mentale aux Etats Unis (rires). Rien de nouveau depuis Galton : ces thèses
sont une répétition. Pourquoi leur succès? Parce quelles sont faciles à
expliquer : tel enfant ne réussit pas parce quil est bête, à cause de ses gènes,
à cause de ses parents. Et parce quelles se développent dans un milieu attaché
aux principes de transmission, à lhéritage.
Cest la grande mission des enseignants et des journalistes, de communiquer la
pensée scientifique.Mais les médias, le plus souvent, mettront en scène un débat entre
un créationniste et un sociobiologiste (censé être darwinien), et vous aurez
lillusion davoir assisté à un vrai débat.
B.
BELQAID : Pourquoi cet intérêt pour Darwin? PT peut-il préciser ses protocoles
danalyse?
PT,
lorsquil était en Afrique, a constaté que le grand problème des étudiants (le
racisme) débouchait toujours sur une discussion à propos de Darwin. Voilà comment peu
à peu PT en est devenu le spécialiste.
Ses protocoles danalyse? Non, PT ne
peut pas tout expliquer ce soir et préfère renvoyer à son travail sur les
complexes discursifs, où il met en oeuvre une certaine science de la
lecture, fondée sur les textes intégraux contrairement à certains petits
bonshommes qui publient dans des
journaux dextrême-droite et même dans La
Recherche leurs visions dun Darwin eugéniste à partir de citations tronquées
ou détournées.
Une
intervenante ne se réjouit pas des progrès de lhumanité, au vu des
résultats. Cette idée de progrès fonctionne comme une idéologie. Ce qui est peut-être
pour les savants une hypothèse de travail devient une religion.
PT
: Ces idées viennent du XVIIIème siècle et ont été reprises par Spencer (Le progrès, sa loi, sa cause). Darwin, lui, parle
seulement dévolution des organismes et des espèces; mais il y a aussi des
évolutions régressives! En parlant du principe de sympathie, qui devra
sétendre au-delà des frontières, Darwin anticipe sur une tendance
évolutive de la civilisation. Sa théorie nest pas prédictive, elle permet
seulement de fixer un horizon.
La
même : Un horizon moral?
PT-
Vous avez tout à fait raison.
Un
intervenant déplore lapparition dun nouveau dogme : le darwinisme. A
entendre Patrick Tort, on dirait un chrétien. Or rien nest sûr, il
ny a pas de preuves, les paléontologues nont pas trouvé de chaînon
manquant.
PT
: Certes le darwinisme a des ennemis. Par exemple, La
Recherche, pour des raisons commerciales devient un journal à sensation, qui se met
à titrer sur leuthanasie pour recruter des lecteurs, malgré la réaction
scandalisée des biologistes. DENTON, cité par lintervenant, réactive des
objections qui datent de la seconde moitié du XIXème siècle ; quant à
SCHUTZENBERGER (cité aussi) avec ses pseudo-arguments mathématiques il entretient
de fausses représentations dans la tête de son public. Ce monsieur ne sait pas quoi il
parle.
Le
même : Mais les preuves? Deux animaux différents qui descendraient du même, ça ne
sest jamais vu. Il paraît que les Oiseaux sont issus des Reptiles, mais les plumes
ne sont pas des écailles : où sont les états intermédiaires? (ici discussion sur lArcheoptéryx).
PT
: Il existe encore des créationnistes ; contre Darwin on cite à tort S.J GOULD, qui est
en fait darwinien, mais pas gradualiste. Si la paléontologie nest pas assez évidente à vos yeux... PT demande aux
biologistes de la salle de sexprimer.
M.VIDEAU
conseille à lintervenant dobserver une simple patte de poulet
pour comprendre et voir la transition de lécaille à la plume. Aucune autre vision
du monde vivant nest possible aujourdhui, quune vision évolutive. (Le même intervenant : Cest une
interprétation!). Oui, la science est une interprétation. Lévolution est
une théorie si lon veut, mais cest la seule possible aujourdhui.
P.BOISMENU
revient sur lexemple de lanneau de Moebius auquel on imprime une torsion : et
si on lui faisait faire deux tours? PT semble
appeler la psychanalyse à prendre quelque part le relais du darwinisme. Le tour de
lanneau, apparemment ramène là doù lon était parti, mais il y a eu
effet de rupture : il y a le langage.
PT
: Moi, je propose un troisième tour social. (rires)
Je suis en position dattente vis-à-vis des psychanalystes (...) je les ai stimulés
(...) mais je crains quils nessaient de tirer cela vers Lacan (sensuit une brève discussion sur Lacan).
Vous pensez le langage comme une irruption?
Le
même : La pratique psychanalytique part de ceci, quil y a le
langage.
PT
: Vous avez parfaitement insisté sur leffet
de rupture. En effet il ny a pas de commencement absolu, doù
linanité de questions telles que A partir de quand lhomme... En
fait tout a toujours déjà commencé, les recherches sur les capacités symboliques des
grands singes le prouvent, les pages extraordinaires de Darwin sur les oiseaux et le
sentiment de la beauté le montrent. Il ne faut pas parler de commencement, mais
détats germinaux ou embryonnaires, débauches.